La bêtise insondable de certains syndiqués

Le jeudi 5 décembre 2019, j’étais à coté de la gare de l’Est à Paris pour participer à la manifestation en marge de la grève nationale. Me trouvant à l’angle de la rue du Faubourg Saint Martin et du boulevard de Magenta, j’ai assisté à une scène un peu surréaliste : le service d’ordre du syndicat Sud-Solidaire hurlait contre les militants de l’Union populaire républicaine en les qualifiant de « fachos » et en leur intimant avec une certaine agressivité de quitter les lieux.

Tweet journaliste Figaro

Sophie de Ravinel était sur place également et a publié un tweet (illustration ci-dessus) assorti d’une vidéo :

Une absence totale de réflexion

Ces énergumènes ont illustré la profondeur abyssale de leur sottise sur la base d’un raisonnement pour le moins étriqué : l’UPR veut sortir de l’Union européenne, ce sont donc des racistes, donc des fascistes. C’est dire le décalage entre le contexte de cette manifestation et le fonctionnement de ce qui leur tient lieu de cerveau. Ils ne se sont même pas posé de questions pour comprendre la raison de la présence de l’UPR. Ils disaient que c’était une manifestation réservée aux syndicats luttant pour les travailleurs, pas la place de partis politiques.

À un moment donné, comme ils poussaient pour faire reculer les militants de l’UPR, les esprits ont commencé à s’échauffer un peu, et j’ai vu, assez consterné, l’un de ces olibrius fouiller dans son manteau pour en sortir une bombe lacrymogène, prêt à en arroser tout militant UPR qui passerait à sa portée. Il a été rapidement calmé et invité à ranger ce truc qui n’aurait abouti qu’à faire dégénérer une situation déjà tendue.

L’encadrement de l’UPR a fort sagement invité les militants à opérer un retrait stratégique, on ne discute pas avec des abrutis.

Objectif de cette manifestation

L’objectif de cette manifestation était pourtant claire : il s’agit de s’opposer aux projets du gouvernement à propos d’une réforme des systèmes de retraite, visant notamment à faire disparaître les régimes spéciaux de certaines catégories de personnes comme par exemple les professions réglementées et bien d’autres encore. Objectif : tout le monde pareil. Mais personne n’est dupe, ces régimes spéciaux ont engrangé des réserves qui se chiffrent actuellement à plus de 150 milliards d’euros, une paille! Il n’y a aucune d’illusions à se faire, ce genre de trésor de guerre aiguise les appétits de quelques oligarques aussi avides que voraces.

Or cette question concerne tout le monde, sans exception. Ce n’est pas là une chasse gardée des syndicats, d’autant moins que beaucoup de gens ne sont pas syndiqués du tout. Quant aux partis politiques, il ne faudrait pas oublier au passage que ce sont des gens dont sont issus les élus, présents et à venir, ce sont donc eux qui seront appelés à légiférer. S’ils participent à ces manifestations, ce n’est pas pour faire obligatoirement de la récupération, c’est, surtout dans le cas présent, parce qu’ils sont eux même directement concernés comme tout le monde, et qu’étant avec tous les autres manifestants, ils entendent fort bien les revendications qu’ils pourront alors prendre en considération au moment de prendre les décisions législatives.

Des imbéciles qui se trompent de cible

Mais là où la bêtise insondable de ces syndiqués est la plus consternante, c’est précisément de vouloir virer l’UPR qui est le seul parti qui veut réellement défendre les travailleurs et la France en général. Tous les autres partis veulent maintenir la France comme membre de l’Union européenne. Et donc, bougres d’ânes, vous voulez en pratique laisser agir le gouvernement qui ne fait qu’appliquer les directives de la commission européenne tout en réclamant le contraire. En terme médical, il me semble que c’est ce qu’on nomme la schizophrénie.

Seulement voilà, on peut parier sans trop de risque que la plupart de ces pense menu biberonnent au flux ininterrompu de BFM-TV et autres télévisions-poubelles qui abreuvent leur public d’une propagande continuelle sur les prétendus bienfaits de l’Union européenne. On leur a donc dit que les gens de l’UPR voulant « s’isoler » en quittant l’Union européenne sont des racistes, à droite de l’extrême-droite. Leur réflexion n’est pas allé au-delà, le propos leur semblait complet et pas un de ces sous-doués n’a poussé le raisonnement à son extrémité. Je serais fort curieux de savoir pour qui ces gens ont voté au second tour de l’élection présidentielle de 2017 : et je parierai volontiers que bon nombre d’entre eux ont donné une voix à madame Le Pen, ou bien ils ont fait les castors en votant Macron pour « faire barrage » au fascisme de l’extrême-droite … en balançant dans les deux cas par dessus bord toute idée de cohérence ?? En d’autres termes, ils donnent le bâton pour se faire battre.

Il est plus que probable que pas un de ces demeurés congénitaux n’a entendu parler du rapport annuel des grandes orientations politiques et économiques de la commission européenne, les « GOPÉs », qui dictent chaque année aux pays membres la politique qu’il doivent mettre en œuvre. Il râlent contre Macron alors que ce dernier n’est qu’un triste pantin qui est dirigé par des puissances d’argent depuis les coulisses de Bruxelles. Quant à l’Union européenne, ils racontent volontiers qu’elle est mauvaise et qu’il faut la changer, ce qui, à cause même des textes des traités, n’est tout simplement pas possible, un des articles imposant l’unanimité de tous les pays membre pour modifier ne serait-ce qu’une virgule de ces traités, l’article 48 du traité de l’Union européenne en l’occurrence.

Qu’en dit la direction de Sud-Solidaire ?

Il serait intéressant d’avoir une réaction de la direction de ce syndicat : le comportement de ces militants est tout à fait inacceptable. Et vu l’équipement de ce service d’ordre (plusieurs avaient une oreillette) recevait des instructions : de qui au juste ? D’une direction alter-européiste qui n’est pas plus informée sur la réalité des faits et des traités auxquels nous sommes soumis ? À moins qu’ils ne servent finalement d’autres intérêts que ceux de leurs militants ? À qui profite donc le mensonge ?

Il serait grand temps que vous mettiez au pas quelques excités dans votre syndicat en priant ces individus de réfléchir avant d’agir, et en envoyant pas des demeurés pour s’occuper du service d’ordre. Vous participez autrement à la mise en pratique, fort opportune pour ce gouvernement, de la division. « Diviser pour mieux régner ».

On ne s’arrêtera pas !

Pauvre France, ce n’est pas avec ce genre de citoyens qu’on la sortira du gouffre dans lequel elle s’enfonce jour après jour. Mais on ne lâchera rien, et toutes les bonnes volontés, capables d’écouter, de réfléchir et de dialoguer posément, restent invitées à continuer pour que vive la France et qu’on ne laisse pas un champ de ruines aux générations à venir.

Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, veuillez nous en informer en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée .

Partagez

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *